Pas de transition énergétique sans acceptation et sécurité pour sa planification

Malgré le rejet de la loi sur le CO2, quasiment l’ensemble de la population admet aujourd’hui que les bouleversements du climat sont bien réels et se transforment petit à petit en crise climatique. Les risques qui en découlent sont néfastes au développement de l'économie et de la société. Le besoin d'agir est bien présent, et il est urgent.

Toutefois, contrairement à ce qui a eu lieu au début de la crise du Corona, où la recherche de médicaments et de vaccins adaptés était encore balbutiante, les instruments et les solutions pour surmonter la crise climatique sont bien connus, testés et largement disponibles. Par exemple, les biens immobiliers peuvent être assainis avec des technologies éprouvées et leur système de chauffage remplacés par des alternatives renouvelables bien rodées. L’électrification de la mobilité prend un essor considérable. Les grandes marques automobiles se convertissent et la gamme de véhicules plus écologiques s’élargit rapidement. Dans dix ans à peine, la majorité des voitures particulières vendues seront électriques.

Le développement de la production d’énergies renouvelables reste cependant à la traine. Cela a moins à voir avec la technologie qu’avec les conditions cadres politiques et le manque d’acceptation sociale. Conséquence : Les entreprises suisses actives dans l’énergie et nos institutions financières développent leurs projets principalement en Europe, car c’est là que leurs investissements sont rentables. Les acteurs suisses ont déjà développé des infrastructures renouvelables en Europe qui fournissent, année après année, environ 12 TWh d’électricité renouvelable (pour comparaison, la consommation électrique annuelle en CH s’élève au total à env. 57 TWh).

Dans notre pays, les incitations à l’investissement font défaut et l’expansion des énergies renouvelables ne progresse donc que lentement. Le Conseil fédéral compte désormais adapter la législation. Le débat politique qui s’en suivra sur la manière de façonner l’avenir énergétique montrera si les instruments retenus sont les bons. L’aee suisse compte bien faire entendre sa voix afin d’inciter au développement d’un cadre légal le plus fertile possible pour les projets de production d’énergie propre.

Outre le progrès technologique et l’innovation, ainsi qu’un cadre politique propice, nous avons besoin d’une population ouverte, prête à investir dans le changement et à le laisser se déployer. Pour aller de l’avant, la transparence et la communication joueront un rôle primordial. La transition énergétique ne sera possible qu’avec l’accord et l’appui de la population. Ce n’est que lorsque la transition énergétique et la protection du climat seront perçus comme une opportunité et non comme une contrainte pour notre pays que nous connaîtrons l’accélération nécessaire à la transformation de notre système énergétique. La participation et le dialogue sont les clés du succès dans ce domaine.

Stefan Batzli, Co-présidente de l’aee suisse